10 doctorants au collège Albert Lougnon

Malgré la pluie et la fraîcheur qui régnaient dans les hauts de Saint-Paul ce mercredi matin, l’ambiance était chaleureuse dans la salle de permanence du collège du Guillaume. Une centaine d’élèves de sixième y accueillaient 10 jeunes docteurs ou doctorants de l’Université de La Réunion venus leur parler de leurs recherches et de leur parcours. En s’appuyant sur des exemples concrets, ces jeunes chercheurs ont pu rendre leurs travaux palpables aux collégiens.

 

C’est Jérémy Bernard (le seul à déjà avoir décroché son doctorat) qui ouvre le bal en expliquant aux enfants ses travaux sur un langage informatique « universel » qui permettrait des connexions entre les différents langages de programmation existants. Devant lui, une soixantaine de paires d’yeux et autant d’oreilles attentives à son discours. Elsa Razafindrabenja (lauréate du second prix du jury lors de la finale régionale du concours Ma thèse en 180 secondes) lui succède sur scène pour présenter les plantes endémiques de la zone océan Indien qu’elle étudie pour essayer de trouver de nouveaux remèdes contre le cancer. Puis c’est au tour de Clara Rohrlich de parler du ver blanc que les élèves connaissent tous pour les ravages qu’il fait dans les cultures avant que Karim Juhoor ne leur explique ce qu’est la mécanique des fluides en leur parlant de barbecue et en leur montrant des images impressionnantes de simulation d’incendie. Lorsqu’Anne-Claire Dorsemans leur parle de diabète, les élèves sont nombreux à faire le lien avec un de leur proche touché par cette maladie. Vient alors Ophélie Lo-Thong qui leur fait voir d’un autre œil la bactérie E-coli, capable de valoriser des déchets. 

 

Alizé Taquet fait mouche en expliquant ses travaux sur l’aleurode, insecte ravageur qui s’attaque à la tomate, reine des caris et des rougails. La température s’insère dans la discussion lorsque Virginie Grosdemouge fait réaliser que la notion de confort ou d’inconfort thermique ne dépend pas que de la météo et qu’au sein d’un groupe dans une même salle certains peuvent avoir chaud et d’autres froid. Emeline de Boisvilliers, seule doctorante en sciences humaines et sociales présente, entraine l’assistance avec elle lorsqu’elle parle de sa thèse sur l’évolution de la place des femmes dans l’accompagnement médical de la maternité dans notre île au siècle dernier. C’est Melissa Tan (1erprix du jury pour MT180) qui clôt les présentations en expliquant comment elle cherche à améliorer la production d’arômes alimentaires naturels grâce à des levures.

 

Après les présentations, chaque chercheur s’installe à une table, vite rejoint par des groupes d’élèves. D’un côté comme de l’autre, ces rencontres ont été préparées. Les élèves ont rédigé des questions qu’ils posent à leurs invités. D’autres ont même réalisé des posters à partir de ce qu’ils savent des thématiques de recherche de leurs interlocuteurs.

 

Du côté des doctorants, Alizé et Clara ont apporté avec elle des boites de Pétri contenant des colonies d’aleurodes ou des cultures du champignon Beauvéria que les enfants peuvent observer au microscope ou à l’œil nu. Virginie leur fait tester sa caméra thermique tandis que Melissa leur fait sentir des arômes dont ils doivent deviner la nature. Elsa a préparé une planche recensant les diverses variétés des Psiadia qu’elle étudie et Ophélie a prévu de petits badges à l’effigie de Captain E-Coli avec lesquels les élèves peuvent repartir. Anne-Claire de son côté répond longuement aux questions que se pose un jeune garçon dont les parents sont atteints de diabète. Après une quarantaine de minutes d’échanges, les collégiens laissent la place à trois autres classes pour une seconde séquence. 

 

A l’issue de cette matinée, les sourires sont nombreux. Les élèves quittent la salle en remerciant les chercheurs d’être venus jusqu’à eux. Philippe Pereira, enseignant de SVT à l’origine de cette matinée souligne que ces rencontres élargissent le champ des possibles pour les enfants scolarisés dans ce collège classé en REP plus (réseau d’éducation prioritaire) depuis la rentrée 2015. Chez les jeunes chercheurs, l’inquiétude de se prêter à cet exercice avec un public dont ils n’ont pas l’habitude a laissé place à la joie d’avoir pu partager avec eux leur passion et l’espoir d’avoir fait naître quelques vocations. Tous sont prêts à renouveler l’expérience.

 

contact : mediation-scientifique[at]univ-reunion.fr